Le traitement ablatif à l’iode 131 du cancer de la thyroïde chez l’hémodialysé chronique représente un réel problème puisque la principale voie d’élimination de l’iode radioactif est urinaire. De plus, il n’existe aucune recommandation concernant la gestion de ce traitement chez l’hémodialysé. Nous rapportons dans cet article notre expérience de gestion de ce traitement chez un patient âgé de 38 ans, insuffisant rénal chronique au stade terminal, en hémodialyse chronique, et chez qui avait été portée l’indication d’un traitement à l’iode 131 pour un carcinome papillaire de la thyroïde à haut risque évolutif. Après discussion multidisciplinaire (néphrologues, spécialistes en médecine nucléaire et radioprotection), il a été décidé de traiter le patient par dialyse péritonéale continue ambulatoire (DPCA) pour gérer le traitement ablatif à l’iode 131. Étant donné l’élimination faible mais continue de l’iode en DPCA, le patient a reçu une dose réduite d’iode 131 de 1850 MBq, soit 30 % de la dose habituelle donnée chez un sujet à fonction rénale normale. L’hospitalisation a duré quatre jours dans le service de médecine nucléaire, et le débit émis par le patient à sa sortie était de 2,5 μSv/h à un mètre. En conclusion, la DPCA en relais de l’hémodialyse est une technique d’épuration extra-rénale qui peut être proposée pour minimiser l’exposition à la radioactivité du patient, de sa famille et du personnel médical.